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(Didier DURAND a participé aussi à Grenoble contre M FORNEY à la protection de ripoux qui avaient des antennes sur la côte).

Source : Nice Matin du 5 janvier 2005 ------------------------------Voir aussi L'express du 25/11/1999
 


Plongée dans la justice niçoise des années 1990
Poursuivie à Lyon pour « dénonciation calomnieuse » une gouvernante maintient ses accusations de corruption à l'encontre de l'ex doyen Renard
Elle s'exprime parfois dans un français approximatif, bute sur certains mots, mais maintient les accusations de corruption lancées contre deux magistrats en poste à Nice à la fin des années 1990.
D'origine libanaise; Hind Korkomaz fut pendant neuf ans la gouvernante de l'homme d'affaires Anthony Tannouri, plusieurs fois condamné pour escroquerie et actuellement réfugié au Liban. A ce titre, elle a mis en cause, à Nice, le doyen de l'époque, Jean-Paul Renard, et le premier procureur adjoint, Didier Durand. Ce qui vaut, cinq ans plus tard, à cette petite femme effacée et à la voix fluette de comparaître pour « dénonciation calomnieuse » devant la 6e chambre correctionnelle de Lyon.

Des relations étroites

D'origine libanaise, Hind Korkomaz répète que son patron a fait livrer une montre de luxe à chacun des deux magistrats.
Elle réaffirme que Jean-Paul Renard, récemment mis à la retraite d'office par le Conseil supérieur de la magistrature•, entretenait des relations étroites avec son employeur.
Entendue à huit reprises au cours de l'instruction, elle est revenue un temps sur ses déclarations, expliquant alors « avoir voulu nuire à son patron sur les conseils de deux avocats » dont Me Pierre Cany qui comparaît en sa compagnie pour complicité.
Pourquoi un tel revirement, interroge l'avocat de Didier Durand, Me Christophe Bigot, en stigmatisant les « mensonges » de la gouvernante.
« J'ai dit cela, répond cette dernière, parce que des policiers ne cessaient de crier sur moi et que j'avais peur de la famille Tannouri qui multipliait les pressions sur ma famille restée au Liban. » Un peu plus tôt, Hind Korkomaz a évoqué de curieuses pratiques qui avaient cours, selon elle, au palais de justice de Nice.
Tannouri aurait été informé,

acte après acte, de la procédure instruite contre Lui, au point « de brûler des documents dans le jardin de sa luxueuse villa de Cap-d'Ail peu de temps avant une perquisition ».

Une juridiction sous influence
Des dossiers auraient été illicitement sortis du TG1 pour établir des copies. Graves, ces accusations sont-elles plausibles ? Cité par la défense, l'actuel-procureur de Nice n'a pas connu directement l'affaire Tannouri. Éric de Montgolfier raconte cependant avoir trouvé à son arrivée en Baie des Anges début 1999 « une juridiction sous influence maçonnique » (N.D.L.R. : en référence à l'appartenance de Jean-Paul Renard à la Grande loge nationale française). Il détaille les « petits arrangements » qui y avaient cours : « Un jour, j'ai découvert que Didier Durand avait rédigé un réquisitoire avant de le faire signer par un subalterne.
Interrogé sur cette bizarrerie procédurale, il m'a avoué « ne pas vouloir apparaître dans un dossier où il était déjà trop intervenu ». il est toujours difficile, conclut le procureur, d'accepter que des magistrats se comportent comme des voyous. J'ai résisté à cette idée avant de devoir l'admettre. »

Hier, vers 22 heures, les débats se poursuivaient avec l'audition d'Étienne Ceccaldi, ancien préfet de police de Nice. Entendu par la Commission d'enquête parlementaire dirigée par le député PS Arnaud Montebourg, ce magistrat, aujourd'hui à la retraite, avait déploré « que Didier Durand ait gardé sous le coude pendant onze à douze mois une commission rogatoire réalisée en Suisse et attestant du détournement de fonds par Tannouri pour acquérir un jet privé. »

Jean-Paul FRONZES.