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Dérives dans le département 78 ; j - u - g-e-s huissiers man-da-taires no-tai-res avocats  gendarmes  policiers  et sur le reste de la France

Impunité totale des criminels ? Des juges auront des comptes à rendre pour leur complicité dans cette affaire politico-financière criminelle, des actions récursoires en remontant 60 ans devront être appliquées. Un exemple à Grenoble un procureur envoi en prison René FORNEY alors qu'il prouve la corruption de juges

Vidéo par Antenne 2 sur la confirmation de l'assassinat de Jean-Pierre BOULIN couvert par le procureur de Versailles Louis-Bruno CHALRET : https://www.youtube.com/watch?v=SOQIgI2LMLs

http://www.liberation.fr/france/2017/10/26/affaire-boulin-un-documentaire-etaye-la-these-de-l-assassinat_1605633

Affaire Boulin : un documentaire étaye la thèse de l'assassinat

Par Emmanuel Fansten — 26 octobre 2017 à 09:06

Robert Boulin au Club de la presse d'Europe 1, le 21 octobre 1979, 8 jours avant sa mort. Envoyé spécial

Trente-huit ans après la mort de Robert Boulin, le journaliste Benoît Collombat fait définitivement voler en éclat la thèse du suicide, dans un documentaire d'«Envoyé spécial», diffusé ce jeudi soir sur France 2.

  • Affaire Boulin : un documentaire étaye la thèse de l'assassinat

Qui a tué Robert Boulin ? A défaut de répondre formellement à cette question, le minutieux documentaire d' Envoyé spécial, diffusé ce jeudi soir sur France 2, la rend incontournable (1). Trente-huit ans après la mort de l'ancien ministre du travail de Valéry Giscard d'Estaing, retrouvé le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines), le journaliste Benoît Collombat fait définitivement voler en éclat la thèse officielle, selon laquelle Boulin se serait suicidé après avoir été impliqué dans une obscure histoire de malversations immobilières dans le Var.

Auteur de nombreuses enquêtes sur le sujet, Collombat a recueilli de nouveaux témoignages inédits, exhumé des rapports confidentiels et reconstitué pièce par pièce ce gigantesque puzzle qui hante les coulisses de notre histoire politique. Autant d'indices qui, mis bout à bout, permettent de dessiner une tout autre histoire, celle d'un crime maquillé en suicide. Un «camouflage» pour reprendre le mot de la fille de Robert Boulin, Fabienne Boulin-Burgeat. D'une précision implacable, le documentaire d' Envoyé spécial retrace toutes les incohérences d'une affaire étouffée dès l'origine. Car plusieurs heures avant que le corps de Boulin ne soit retrouvé, au moins une demi-douzaine de personnes sont au courant de la mort du ministre au sein de l'appareil d'Etat. Tout va alors être fait pour en dissimuler la véritable cause. La première autopsie ne révèle ni les deux fractures à la face, ni les hématomes et ecchymoses constatés par les pompiers sur le corps du ministre. Pas plus que les premiers examens du médecin légiste, qui révéleront des anomalies flagrantes.

Autopsie sabotée

Au moment de sa mort, Robert Boulin est un homme qui dérange. Sur fond de rivalités entre Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, il est soupçonné de vouloir révéler certaines affaires troubles de son propre parti, le RPR. Le documentaire questionne en particulier le rôle d'un personnage, Louis-Bruno Chalret, ancien procureur général à Versailles , qui s'est rendu sur place la nuit du drame et a dessaisi les gendarmes au profit des policiers. Un haut magistrat à qui, étrangement, personne ne s'est jamais intéressé . Très lié au Service d'action civique (SAC), le service d'ordre gaulliste à la réputation sulfureuse, l'homme a pourtant sciemment saboté la première autopsie du corps de Boulin, en demandant aux légistes de ne pas examiner son crâne. Des écoutes téléphoniques effectuées dans les années 60 ont montré que ce même magistrat avait fait libérer, par le passé, plusieurs truands sur ordre.

A lire aussi  L'enquête qui relance l'affaire Boulin

La piste d'une implication de la milice gaulliste est corroborée par un autre témoignage, celui de M. Paul, qui raconte avoir été mandaté par l'ancien patron du SAC, Pierre Debizet, pour cambrioler des documents relatifs à Robert Boulin, en 1983. Cette année-là, une première enquête est ouverte sur la mort de Robert Boulin, suite à une plainte déposée par sa veuve pour «homicide volontaire». Le récit de M. Paul, dont le journal Sud Ouest avait retrouvé la trace en 2011 , relance la thèse d'un nettoyage effectuée par des anciens du SAC.

«Omerta»

Que contenaient les archives de Robert Boulin ? L'enquête d' Envoyé spécial  explore la piste de l'argent sale de la Françafrique et du financement politique occulte, sans parvenir à lever tous les mystères. «On rentre dans une zone où on ne parle pas, c'est l'omerta» , témoigne le juge Renaud Van Ruymbeke. Depuis la première plainte soldée par un non-lieu en 1991, d'autres ont suivi, notamment pour «destruction de preuves», toutes classées sans suite. Après de multiples rebondissements, une nouvelle enquête a été ouverte fin 2015 à Versailles pour «arrestation, enlèvement et séquestration suivis de mort ou assassinat». Dans ce cadre, plusieurs témoins ont été entendus, comme cet homme qui affirme avoir croisé la voiture de Robert Boulin une heure avant sa mort à Montfort-l'Amaury (Yvelines), entouré de deux hommes. Mais aucune reconstitution n'a encore eu lieu, et d'autres témoins clés attendent toujours d'être auditionnés. C'est le cas de Bernard Pons, l'ancien bras droit de Chirac, 91 ans aujourd'hui, qui se dit convaincu que Boulin a été assassiné face à la caméra de France 2.

Après plus de trois décennies d'errements judiciaires, l'enquête se heurte également à d'autres freins institutionnels. Il est ainsi établi que la CIA détient des informations classifiées relatives à la mort de Robert Boulin, mais la procédure visant la communication de ces pièces est toujours à l'instruction. Une première demande avait été rejetée pour des «raisons de défense nationale ou de politique étrangère» . En France, l'avocate de Fabienne Boulin-Burgeat, Marie Dosé, a demandé la déclassification des documents des services de renseignements relatifs à Boulin, notamment les anciens renseignements généraux. «Il n'est pas crédible que les services secrets français n'aient pas enquêté sur cette affaire pendant plusieurs mois, voire plusieurs années» , écrit l'avocate dans sa requête. Mais là encore, cette demande est toujours à l'examen. Un enlisement insupportable pour les proches du ministre, que l'enquête d' Envoyé spécial rend incompréhensible. «A un moment donné , estime Fabienne Boulin-Burgeat, il faudra que la France se regarde dans les yeux.»

(1) Révélations sur un crime d'Etat , documentaire de Benoît Collombat, Bernard Nicolas, Arnaud Mansir et Erika Barroché. Envoyé spécial, France 2, 20 h 55.

Emmanuel Fansten

 

https://blogs.mediapart.fr/jean-louis-legalery/blog/300513/affaire-boulin-trois-nouveaux-temoignages-qui-annihilent-la-these-du-suicide

Affaire Boulin : trois nouveaux témoignages qui annihilent la thèse du suicide

L'affaire est désormais connue de longue date : le 30 octobre 1979, à 8h40 le corps de Robert Boulin,  ministre du travail et de la participation du gouvernement de Raymond Barre, est retrouvé dans un étang, profond de cinquante centimètres d'eau, de la forêt de Rambouillet.

· L'affaire est désormais connue de longue date : le 30 octobre 1979, à 8h40 le corps de Robert Boulin,  ministre du travail et de la participation du gouvernement de Raymond Barre, est retrouvé dans un étang, profond de cinquante centimètres d'eau, de la forêt de Rambouillet. Son visage semblable à celui d'un boxeur est couvert d'hématomes sur les yeux et les pommettes, il a une blessure importante au poignet droit et un gros hématome sur la nuque. Sa mort remonte vraisemblablement à la veille, entre 18h et 20h. Les différents échelons de la hiérarchie de l'Etat ont été informés entre minuit et 2h du matin, le 29 avril. Mais curieusement l'avis de recherche officiel n'est lancé qu'à 6h25 le 30 avril. Tous ces détails sont à retrouver dans la remarquable et minutieuse enquête de Benoît Collombat, grand reporter à France Inter, publiée aux éditions Fayard, en 2007, sous le titre Un homme à abattre , Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin .

A 9h45, une dépêche AFP annonce la mort de Robert Boulin par suicide (dans cinquante centimètres d'eau !) et par absorption de barbituriques, alors qu'aucune trace de barbiturique ne sera jamais retrouvée sur les lieux, ni dans le corps du ministre. Le même jour à midi le procureur de Versailles évoque un suicide et, une heure plus tard, la très obligée Danièle Breem, dans le journal de 13h d'Antenne2, raconte le suicide en détail, alors même qu'aucun médecin n'a encore examiné le corps ! Quelques jours plus tard, la très dévouée Michelle Cotta prolongera, toujours sans l'ombre d'une preuve, la thèse du suicide agrémentée de scandaleuses calomnies sur la vie privée de madame Boulin et sur celle de son fils. A ce stade, on ne peut s'empêcher de penser à cette phrase de Carson, le majordome dans l'excellente série de la BBC Dowton Abbey : « Nous pensons comme nos maîtres. » Les nombreux doutes légitimes sur un éventuel suicide seront résumés par le médecin qui a signé le certificat de décès et que Benoît Collombat a rencontré en 2003 : « Pour se noyer, il y a d'autres moyens que de se jeter dans un endroit où il n'y a pas d'eau. »

Il n'est pas inutile de rappeler que Robert Boulin, grande figure de la résistance, ami de Chaban-Delmas, est, en 1979, est la figure montante du RPR, pour la plus grande rage de Chirac. Giscard voit en lui un remplaçant potentiel de Raymond Barre, ce qui constitue un casus belli supplémentaire pour l'agité de Cochin. Or, par un curieux hasard, Robert Boulin, décrit par tous ses amis comme un homme intègre et droit, tombe dans le piège d'un achat immobilier, que ses adversaires politiques tenteront de faire passer pour frauduleux, à Ramatuelle organisé par un aigrefin nommé Henri Tournet, proche du SAC et de Jacques Foccart. L'honneur de Boulin est ainsi commodément mis en cause, alors qu'il n'en est rien et que sa nomination à Matignon est proche. Mais un résistant de la trempe de Robert Boulin, accrocheur et opiniâtre, ne saurait se suicider, et plus personne ne croit en cette thèse invraisemblable.

Or, Benoît Collombat, dans une chronique du journal de 7h30 sur France Inter le 29 mai, a apporté trois nouveaux témoignages importants, à écouter ici et à lire . Le conseiller général socialiste Daniel Jault participe, en novembre 1983 en sa qualité de médecin légiste,  à la deuxième autopsie : « A l'évidence il y avait des chocs sur la face de R. Boulin. Personnellement je ne me suis jamais dit que c'était un suicide. On était en présence d'un meurtre ou d'un assassinat. On a conclu entre nous qu'il ne s'était pas suicidé. C'était une convergence de pensées et de réflexions, ça ne faisait plus guère de doutes que ce n'était pas un suicide. »

 Eric Carlsberg, expert foncier et ex-collaborateur de Jacques Chaban-Delmas à la mairie de Bordeaux, président de l'Assemblée Nationale, seul avec Chaban, ce dernier ne croit pas aux lettres posthumes ni au suicide : « il (Chaban) est nerveux, triste, très, très ému, blanc, il dit : on l'a assassiné, voilà, il répète ça plusieurs fois. Je comprends que c'est dangereux parce qu'il me dit de faire attention à moi et de ne pas en parler. » A la question de Benoît Collombat : pourquoi ne pas avoir témoigné avant ? Il répond : « La trouille ! Aujourd'hui j'ai encore la trouille en vous parlant. »

 Un nouveau témoin, prêt à témoigner devant un juge d'instruction, mais qui ne veut pas révéler son identité. Le 29 octobre 1979 à 17h, il s'est retrouvé nez-à-nez avec la voiture de Robert Boulin, dans la commune de Montfort-l'Amaury, dans les Yvelines, dernier endroit où Boulin a été vu vivant, mais stupeur, selon ce témoin, ce n'est pas Robert Boulin qui conduit sa voiture, il est assis côté passager à l'avant. C'est une autre personne qui est au volant et, à l'arrière, un autre individu, deux personnes inconnues de ce témoin.

Puisque la ré-ouverture de l'enquête semble traîner, les enquêtes journalistiques sérieuses et approfondies sont en mesure de bousculer l'agenda. L'ex-gaulliste de gauche Jean Charbonnel déclarait récemment à Antoine Perraud que son défunt ami du RPR, Sanguinetti, lui avait dit connaître le nom des deux commanditaires, que ne parle-t-il à la presse ? Puisque, de toute évidence, ce n'est pas sur la chancellerie qu'il faut compter pour accélérer le processus.

La fille de feu Robert Boulin, Fabienne Boulin Burgeat, a créé un site pour recueillir les pétitions et demander la ré-ouverture de l'enquête :

http://www.robertboulin.net

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L'auteur

Jean-Louis Legalery

professeur agrégé et docteur en anglais retraité, membre du CA de la Convention pour la 6ème République.