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  OTS : Vidéo et Maurice FUSIER Vérouillage
Dénonciation du juge Luc Fontaine
  Autre site : http://www.ots-proces.org/fr/ots_historique.php
Pages 1 , 2 , 3 , 4 publiées sur http://www.reseauvoltaire.net/article7293.html jusqu'en octobre 2006
Publication ci-dessous extraite de http://www.geocities.com/roggemansmarcel/circes.htm

Persaanvullingen :

L'argent africain des Templiers, in Le Monde, BROUSSARD Philippe

L'enquête sur l'Ordre du Temple Solaire révèle des mouvements de fonds entre l'Afrique, le Cameroun essentiellement et le CIRCES. L'examen des comptes de Raymond Bernard fait apparaître des versements importants de la part de la Société Nationale des Hydrocarbures du Cameroun. Via cette société, le CIRCES, branche de l'OSTI dont R. Bernard fut le Grand maître jusqu'en 1997, a perçu un don de 5.6 millions de francs en 1990. Le siège parisien du CIRCES a été acquis grâce à un prêt sans intérêt d'un montant de 40 millions de francs, accordé par le président camerounais. D'autres virements intriguent également les enquêteurs, l'un encaissé 4 jours avant la fondation de l'OSTI, faisant référence à un donneur possédant les initiales FAO (organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture). Interrogée, la FAO, affirme ne pas connaître le CIRCES. La justice n'a pas approfondi ses investigations sur la provenance de cette somme.

Une « multinationale » financière qui devait beaucoup à ses mécènes

Pour le juge, l'OTS était une « gigantesque affaire commerciale »

Mis à jour le mercredi 16 août 2000

DES SOMMES considérables ont été englouties, sur une période de plus de quinze ans, dans le fonctionnement de la nébuleuse d'associations et de structures gigognes de l'Ordre du Temple solaire (OTS). « Structuré comme une multinationale, l'Ordre était bel et bien une gigantesque affaire commerciale dont les intérêts financiers étaient répartis sur trois continents : l'Europe, le Canada et l'Australie », résume le juge d'instruction de Grenoble, Luc Fontaine, dans son ordonnance de renvoi.

Le patrimoine de l'OTS est d'abord immobilier. Parti de rien, le dirigeant de l'Ordre, Joseph Di Mambro, et ses proches parviennent, de 1976 à 1994, à acquérir de nombreux biens. Le 27 avril 1976, Jo Di Mambro crée la SCI La Pyramide qui achète quelque temps plus tard une bâtisse à Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie). C'est le début de l'empire immobilier « dimambresque », selon l'expression du juge. Dans cette maison s'installe la Fraternité, une petite communauté d'une trentaine de personnes qui gravite autour du leader charismatique.

Deux ans plus tard, après un incendie, le groupe de fidèles habite dans une maison de maître à Plan-les-Ouates (canton de Genève) achetée par la Fondation Golden Way, que vient de créer Jo Di Mambro. D'autres acquisitions viendront, au fil des années, compléter le patrimoine de l'OTS dans le Vaucluse, au Canada et en Australie. En Suisse, l'Ordre devient propriétaire des chalets de Salvan et de la ferme de la Rochette à Cheiry, où se produiront les premiers suicides collectifs. En gestionnaires avisés, les dirigeants de l'Ordre savent aussi revendre des biens, achetés depuis peu, et empocher ainsi de belles plus-values.

« UN OCÉAN D'ARGENT »

L'absence de pièces comptables et la mort des trois femmes, proches de Jo Di Mambro, qui s'occupaient de la trésorerie de l'Ordre n'ont pas facilité les investigations. Néanmoins, il ressort de l'enquête que les ressources de l'OTS provenaient en grande partie de la Fraternité de Plan-les-Ouates. De 1983 à 1993, ses ressources sont évaluées à 8 millions de francs suisses. Après la dispersion de la communauté et la revente de la ferme en 1993, les revenus de l'Ordre connaissent d'ailleurs une baisse significative. Une part importante des dons et du produit de la communauté était reversée en numéraire à Jo Di Mambro lui-même ou à ses fidèles gestionnaires.

Pour développer son « entreprise », selon le mot du juge, le gourou de l'OTS n'aurait pas pu agir sans le soutien financier massif de « mécènes » convaincus d'agir pour la bonne cause.

Au total, la Fondation Golden Way, sommet de la pyramide de l'OTS, aurait perçu, en dons et prêts, plus de 8 millions de francs, près de 2,5 millions de francs suisses, 891 891 dollars canadiens et 280 000 dollars australiens. Il faut ajouter à ces sommes des dons en liquide pour un minimum de 4 350 000 francs et de 4 380 000 francs suisses.

Camille Pilet, ex-numéro un des montres Piaget, est le principal « bienfaiteur » de l'organisation. « Il colmatait les brèches financières occasionnées par la gestion de Jo Di Mambro, lequel dépensait sans compter pour lui-même et sa garde rapprochée », indique le juge Luc Fontaine dans son ordonnance de renvoi. Camille Pilet, décédé dans un des suicides collectifs, a aussi « complètement entretenu » un conférencier proche de Jo Di Mambro, Luc Jouret, qui avait une procuration sur le compte du « mécène » à la Société de banque suisse de Genève. Les autres comptes bancaires de l'ancien entrepreneur ont d'ailleurs largement été sollicités pour le plus grand profit de membres de l'Ordre. Selon l'ordonnance, la fortune personnelle de Camille Pilet, évaluée à 18 millions de francs suisses, a largement pâti de ses dons à la Fondation Golden Way et à ses associations satel-lites pour une somme minimum de 3 232 429 francs suisses, 6 958 300 francs français et 199 891 dollars canadiens.

Autre pourvoyeur de fonds important de l'OTS, Albert Giacobino, lui aussi mort lors d'un suicide collectif, aurait dépensé pour sa part 3 millions de francs suisses. Sans doute, le prix du « transit » vers Sirius que leur faisait miroiter Jo Di Mambro... A l'aune de ces sommes colossales, les autres ressources de l'Ordre - cotisations des membres, participation aux cérémonies... - « ne constituaient que des gouttes d'eau dans un océan d'argent », à en croire le magistrat instructeur.

Il est vrai aussi que la « multinationale » de Jo Di Mambro avait quelques charges. Tous les membres de la Fraternité étaient nourris, logés et blanchis. Jo Di Mambro lui-même, officiellement salarié en qualité d'animateur-organisateur, était à la charge de la Fondation Golden Way. Entre 1981 et 1986 il a perçu, selon le juge, une somme de 247 000 francs suisses. Et encore, ces sommes-là ne représentent-elles que la partie visible de l'iceberg financier qui faisait vivre le gourou. A en croire les anciens adeptes entendus au cours de l'enquête, Jo Di Mambro aurait détourné à son profit personnel une partie des revenus mensuels de la Fondation Golden Way.

Officiellement, ces revenus étaient en effet divisés en trois parts égales : un tiers pour l'entretien des personnes, un tiers pour le fonctionnement de la Fraternité et un tiers pour la loge-mère de Zurich. Or, cette loge était une pure invention de Jo Di Mambro. Ses anciens fidèles affirment aujourd'hui que ce dernier tiers est parti directement dans les poches du leader charismatique.

A. Pe.

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Les millions africains d'un proche de Jo Di Mambro
Raymond Bernard, qui a derrière lui un long passé dans les milieux ésotériques, est le fondateur de l'Ordre rénové du Temple (ORT) qui est présenté, dans l'ordonnance de renvoi, comme le « berceau » de l'Ordre du Temple solaire. Selon le juge, le patrimoine financier de ce « proche » de Jo Di Mambro peut être évalué à 20 millions de francs, alors qu'il n'a, selon l'ordonnance, « jamais travaillé ». De 1992 à 1998, 11,2 millions de francs ont été virés sur son compte personnel par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun.

Raymond Bernard a expliqué aux enquêteurs que cette somme correspondait à des « conseils » donnés à Paul Biya, président de la République du Cameroun (600 000 francs), à la vente d'un tableau de Bernard Buffet à cette même présidence (5 millions de francs) et à un don de Paul Biya à une organisation ésotérique créée par Raymond Bernard lui-même, le Centre international de recherches culturelles et spirituelles (Circes), crédité par erreur sur son compte personnel (5,6 millions de francs) et ensuite remboursé. Ce même Circes a également bénéficié d'un virement de 2 millions de francs versés par la SNH du Cameroun et de 40 millions de francs de Paul Biya. Plus étonnant encore, la FAO, organisme dépendant de l'ONU, a versé plus de 20 millions de francs au Circes.

Le Monde daté du jeudi 17 août 2000