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Imprimer Cité dans mes procédures Dominique de Talancé, juge d'instruction, dénonce le «contrôle des dossiers financiers»: |
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'est une initiative rare. Dominique de Talancé, première juge d'instruction au pôle économique et financier de Paris (notamment saisie de l'enquête sur la vente de fré gates militaires françaises à Taiwan), a accordé hier un entretien exclusif à l'AFP. Hier soir, le parquet a dénoncé ' le caractère quasi infondé qu'outranci e r de ses propos». Quel regard portez-vous sur l'évolution du traitement des dossiers économiques et financiers par Injustice ces dernières années ? Il y a depuis quelques années une volonté de mainmise du parquet sur l'ensemble de la chaîne pénale, de l'enquête préliminaire au tribunal correctionnel, sous le prétexte fallacieux de la maîtrise des dé lais et de l'efficacité de la procédure, en réalité, pour mieux contrôler les dossiers financiers. On ouvre ainsi de plus en plus d'enquêtes préliminaires [sous l'autorité |
du parquet] au détriment de la recherche de la vérité, alors que les juges ont plus de possibilités que le parquet d'aller au fond des dossiers. Pendant ce temps, les fonctions de base du parquet sont de plus en plus mal remplies: mauvaise connaissance des dossiers, réquisitions dans des dé lais anormaux... Les magistrats du par quet vivent aujourd'hui dans un climat de censure et d'autocensure, sans pouvoir d'initiative comme le requiert pourtant leur statut de magistrat. Constatez-vous aussi des problèmes au niveau de L'instruction ? La désignation des juges se fait le plus souvent sur des critères politiques ou de docilité, et non sur des critères de compétence. Le parquet mène en outre une véritable entreprise de destruction du travail des juges en multipliant les appels devant la chambre de l'instruction lorsque les ordonnances des juges ne |
sont pas conformes aux réquisitions. Comment analysez-vous cette évolution judiciaire? Il existe un évident parti pris politique à nier contre toute évidence l'importance des délits économiques et financiers alors que la société française est de plus en plus corrompue. On ne veut plus voir de ministre mis en cause. La réforme du finan cement des partis politiques n ' a rien changé sur le fond. On cache maintenant ce qu'on faisait avant ouvertement. Le crime économique n'est plus pris en compte dans le cadre de la politique pénale alors qu ' on assiste de plus en plus à une péné tration dans l'économie légale de l'argent du crime avec la complicité d'institutionnels comme les banques, la Bourse, etc. en ce qui concerne le blanchiment. Notre société est de plus en plus vérolée par l'ar gent du crime. Recueilli par PIERRE ROCHICCIOII (AFP) |
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