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Une quasi impunité pour certains règne à Grenoble. Quand un commissaire de police révoqué CWIKOWSKI condamné pour faux en écriture privée et corruption active, revend avec ses complices 20.000 fichiers (en 17 mois) de la police et écope d'une condamnation (17500€) symbolique égale à 3 % du butin encaissé (600.000 €), protections par des magistrats corrompus, il n'y a rien de surprenant que les dérives se soient multipliées.


PRÉFECTURE DE L'ISÈRE
De vrais documents délivrés illégalement moyennant finances
Une fonctionnaire écrouée
pour trafic de cartes de séjour

Une importante affaire de corruption présumée secoue actuellement la préfecture de l'Isère : une fonctionnaire est suspectée d'avoir délivré, moyennant finances, un grand nombre de titres de séjour à des ressortissants étrangers qui ne remplis saient pourtant pas les conditions nécessaires à leur obtention.

Interpellée mercredi, cette femme de 48 ans (qui travaille depuis un peu plus de 20 ans à la préfecture de l'Isère où elle a occupé plusieurs postes "au bureau des étrangers") a été présentée hier, jusque tard dans la soirée, au juge chargé d'instruire ce dossier. Mise en examen, Anne-Marie Sartory a finalement été placée sous mandat de dépôt et écrouée dans la nuit.

Contacté hier soir, le préfet de l'Isère, Michel Morin, n'a pas souhaité commenter cette affaire "qui relève d'une procédure judiciaire". Il a néanmoins précisé que c'était lui qui avait saisi le procureur de la République de Grenoble, en juin dernier, lorsqu'il a eu de sérieux soupçons sur l'intégrité de cette employée. Une information judiciaire avait alors été ouverte.

Dès lors, les policiers de l'antenne grenobloise de la DIPJ de Lyon - qui travaillent sur commission rogatoire du juge d'instruction, en colla boration avec leurs collègues de la police aux frontières (la PAF), plus spécifiquement occupés à traiter l'aspect administratif de cette affaire

ont établi qu'une trentaine de titres, valables dix ans et renouvelables automatique ment, avaient ainsi été indû ment octroyés au cours de ces deux dernières années.

Un ressortissant sri-lankais serait à l'origine du trafic

Entre mardi et mercredi, une vingtaine de bénéficiaires de ces cartes de séjour - illégales mais véritables - ont également été interpellés et placés en garde à vue. Il s'agit principalement de Sri Lankais dont certains faisaient prétendument l'objet d'un rapprochement familial alors qu'ils n'avaient aucun parent en France...

Un ressortissant sri lankais, justement, semble également être sérieusement impliqué dans ce trafic. Il est soupçonné d'avoir servi d'in termédiaire entre ses compa triotes en situation irrégulière et l'employée de la préfecture. Cet homme de 45 ans, qui exploite trois commerces dans le centre de Grenoble, aurait commencé par embaucher ses concitoyens "au noir". Il leur aurait ensuite expliqué qu'il connaissait un moyen de les régulariser officiellement, en contrepartie de quoi il leur réclamait une certaine somme d'argent qu'il partageait ensuite avec sa complice fonctionnaire (on parle d'environ 2 000 euros par titre de séjour). En attendant

La fonctionnaire suspectée, âgée de 48 ans, travaillait à la préfecture depuis un peu plus de 20 ans. Archives Le DL / Henri PORCHIER

le précieux titre leur soit délivré, les "candidats" continuaient à travailler pour lui... gratuitement

Placé en garde à vue, Sothi vel Rajah a, lui aussi, été présenté hier soir au juge d'ins truction puis au juge des libertés. Mis en examen, il a également été placé sous mandat de dépôt et écroué cette nuit.

Par ailleurs, un autre fonctionnaire de la préfecture - collègue de la principale mise en cause - a été entendu

dans les locaùx de la PJ de Grenoble dont il est ressorti libre, hier. On ignore s'il en -court des poursuites.

Enfin, deux autres hommes - suspectés d'avoir servi d'in ­ termédiaires pour des membres de deux autres communautés étrangères - ont également été placés en garde à vue. Présentés au juge d'instruction, hier, tous deux ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Vanessa LAIME

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